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Le «trouble du jeu vidéo», un problème de santé mentale
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Le «trouble du jeu vidéo», un problème de santé mentale

Jouer compulsivement aux jeux vidéo se qualifie désormais comme une nouvelle maladie mentale, a annoncé lundi l'Organisation mondiale de la Santé.

L'agence onusienne de la santé a décidé d'inclure le «trouble du jeu vidéo» à la 11e révision de la Classification internationale des maladies (CIM-11). Si cette décision risque de confirmer les craintes de plusieurs parents, de nombreux experts préviennent qu'elle risque aussi de stigmatiser les jeunes joueurs. L'OMS a expliqué que la classification du «trouble du jeu» en tant que condition distincte «servira un objectif de santé publique pour que les pays soient mieux préparés à identifier ce problème». Le directeur du département de santé mentale de l'OMS, le docteur Shekhar Saxena, a expliqué que l'agence accepte la proposition selon laquelle le trouble du jeu devrait être répertorié comme un nouveau problème en raison des preuves scientifiques, en plus «du besoin et de la demande pour des traitements dans de nombreuses régions du monde».
Une porte-parole de la Société britannique de psychologie, la docteure Joan Harvey, précise toutefois que seule une minorité de joueurs seront affectés par le trouble et craint que la nouvelle désignation ne cause des inquiétudes inutiles aux parents. «Les gens doivent comprendre que cela ne signifie pas que chaque enfant qui passe des heures dans sa chambre à jouer à des jeux est un toxicomane, sinon les médecins vont être inondés de demandes d'aide», a-t-elle dit. D'autres se sont félicités de la nouvelle classification de l'OMS, affirmant qu'il était essentiel d'identifier rapidement ceux qui ont une dépendance aux jeux vidéo, car ce sont généralement des adolescents ou des jeunes adultes qui ne cherchent pas d'aide eux-mêmes. «Nous rencontrons des parents qui sont désemparés, non seulement parce qu'ils voient leur enfant abandonner l'école, mais parce qu'ils voient s'effondrer toute une structure familiale», a déclaré la docteure Henrietta Bowden-Jones, une porte-parole du Royal College of Psychiatrists du Royaume-Uni qui n'était pas impliquée dans la décision de l'OMS. La docteure Bowden-Jones a indiqué que les dépendances au jeu étaient généralement mieux traitées avec des thérapies psychologiques, mais que certains médicaments pourraient également fonctionner. L'Association américaine de psychiatrie ne considère pas pour le moment que le trouble du jeu vidéo est un nouveau problème de santé mentale. Dans une déclaration précédente, l'association expliquait c'était «une condition justifiant plus de recherches cliniques et d'expériences avant d'être considérée pour l'inclusion» dans son propre manuel de diagnostic. Le groupe a noté qu'une grande partie de la littérature scientifique sur les joueurs compulsifs est basée sur des preuves provenant de jeunes hommes en Asie. «Les études suggèrent que lorsque ces individus sont absorbés dans des jeux en ligne, certaines portions dans leur cerveau sont activées de la même manière directe et intense que le cerveau d'un toxicomane est affecté par une substance particulière, a expliqué l'association en 2013. Le jeu provoque une réponse neurologique qui influence les sentiments de plaisir et de récompense, et le résultat, à l'extrême, se manifeste comme un comportement addictif.» Le docteur Mark Griffiths, qui étudie le concept du trouble du jeu vidéo depuis 30 ans, est d'avis que la nouvelle classification aidera à légitimer le problème et à renforcer les stratégies de traitement. «Le jeu vidéo est une sorte de pari non financier d'un point de vue psychologique, a dit le docteur Griffiths, qui enseigne à l'Université de Nottingham Trent. Les joueurs utilisent l'argent comme un moyen de garder le score alors que les joueurs utilisent des points.» Il croit que le pourcentage de joueurs de jeux vidéo ayant un problème compulsif serait inférieur à 1 pour cent et que plusieurs de ces joueurs auraient probablement d'autres problèmes sous-jacents, comme la dépression, le trouble bipolaire ou l'autisme. Cependant, le docteur Saxena, de l'OMS, a estimé que deux à trois pour cent des joueurs pourraient être touchés. Le docteur Griffiths a rappelé que les jeux vidéo, pour la grande majorité des gens, sont une question de divertissement et de nouveauté, comme en témoigne la popularité écrasante de jeux comme Pokemon Go. «Vous avez ces explosions courtes et obsessionnelles, et oui, les gens jouent beaucoup, mais ce n'est pas une dépendance», a-t-il dit. Le docteur Saxena croit que les parents et les amis des amateurs de jeux vidéo devraient toujours être conscients d'un problème potentiellement dangereux. «Restez à l'affût, a-t-il dit, notant que des inquiétudes devraient être soulevées si l'habitude du jeu semble prendre le dessus. Si interfèrent avec les fonctions attendues de la personne - que ce soit des études, que ce soit la socialisation, que ce soit le travail - alors vous devez être prudent et peut-être demander de l'aide.» Source: Jamie Keaten, Maria Cheng, Genève    

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